Je déteste ma vie depuis qu'il est parti, la routine, la terrible routine et ce constant espoir qui se solde en déception, plus de raison de profiter de mes journées, les soirées où l'on rit et l'on boit sont futiles et n'ont pas grand intérêt: tout le monde se connaît, personne ne s'aime vraiment, cela ne me change pas les idées. Chaque discussion me rapporte à son image, sa présence hante mon lit, ma salle de bains, mon salon, ma cuisine, ma rue, ma ville, mes souvenirs de vacances, mais le silence, son absence, me ramènent à la réalité. Ils voulaient me baiser, ils croient que je ne sais pas, sous mes airs naïfs et ma gueule d'ange un peu con, je n'aime pas beaucoup les gens. Ils me distraient et je joue mon rôle d'idiote pour briser leurs espoirs sexuels au bout du compte: je n'ai envie de donner de plaisir qu'à une personne, de toute façon, mon refus ne détruira pas leur vie. C'est bien dommage. Ils continueront avec d'autres connes superficielles et nombrilistes, un peu moins lucides, qui se laisseront fourrer vulgairement parce qu'elles s'imaginent qu'ils les aiment, les respectent et les admirent, qu'elles seront heureuses, auront des enfants, un pavillon dans un quartier chic et un 4x4 Mercedes avec ses connards détruits par le fric qui ne recherchent que l'éjac' faciale par-dessus le maquillage Yves Saint Laurent de ses sombres idiotes souillées de tous les côtés. Je rentre, l'ivresse solitaire, pas de rires, de surnoms affectueux, de baisers, pas de discussions alcoolisées, pas d'amour, pas de réveil dans ses bras, juste moi et ces objets qu'il m'a laissée pour combler le manque, manque qui s'agrandit au fil du temps, et je compte, encore, les jours qui me séparent de son visage, de son sourire, de sa façon de marcher, de son air blasé, de la chaleur de son corps, de ses habitudes et de tout ce qui fait sa personne. Que j'aime, que j'adore, comme si je découvrais enfin le sens du mot Amour, cette sorte de dépendance et ce sentiment que j'ai toujours essayé de fuir et qui détruit l'esprit, dont j'ai peur mais dont j'ai besoin et que je vis, avec lui, en ses jours de présence.